Défilé du 4-Avril : La vérité sur l’absence de Tanor: Ousmane Tanor Dieng hospitalisé

Il a été largement diffusé hier que le président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), Ousmane Tanor Dieng, n’a pas été autorisé à accéder à la tribune officielle lors du défilé du 4 avril 2019, pour être venu en retard.

Faux ! affirme Libération, qui rapporte que le secrétaire général du Ps n’a même pas effectué le déplacement sur les lieux à cause d’une maladie qui l’a cloué au lit. Le journal précise qu’il est même hospitalisé.

L’AS, pour sa part, croit savoir qu’Ousmane Tanor Dieng a pris un coup de fatigue.

Retrouvailles des Socialistes : Niasse répond à Tanor

La sortie du secrétaire général du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng, a demandé, sur SeneWeb, aux « socialistes de coeur ou de raison de se retrouver ». Le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, démissionnaire du Ps à la fin des années 1990, dit ne pas être contre une reconstitution de la famille socialiste. Le hic, dit-il, c’est qu’elle est impossible. 

TANOR OU L’ART DE MANŒUVRER !

Cette sortie qui intervient dans un contexte politiquement chargée par l’attente du nouveau gouvernement  suscite pas mal interrogations.

Que mijote le Secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng ? Cette interrogation a tout son sens au regard de son appel à la réintégration à l’endroit du groupe des dissidents exclus du Parti socialiste, un appel qui  semble commencer à trouver écho favorable avec le retour annoncé à la maison Léopold Sedar Senghor de Banda Diop et Bamba Fall, respectivement maire de la Patte d’Oie et de la Médina, et qui faisaient partie du groupe des bannis du Ps.

En effet, après avoir longtemps adopté une politique de déni et de mise en quarantaine à l’encontre de ces camarades traités de «rebelles» avant d’être finalement expulsés du parti du fait de leur position qui ne correspondait pas à l’orientation qu’il voulait donner au parti en poursuivant le compagnonnage avec le président Macky Sall dans Bennoo Bokk Yaakaar. Ousmane Tanor Dieng a plus que surpris son monde. S’exprimant devant ses camarades à huis clos, lors de la 12ème session du Bureau politique du Ps, le samedi 16 mars dernier, Ousmane Tanor Dieng a en effet, rappelé sa « responsabilité de faire revenir dans le parti ceux qui le désirent ». Au regard de ces propos, on peut dire que l’actuel patron du Ps n’est plus dans la dynamique de confrontation avec ses anciens camarades «rebelles». Seulement, le contexte politiquement agité par plusieurs questions actuelles qu’il a choisi pour sceller la réconciliation de la famille socialiste suscite des  interrogations sur ses motivations réelles.

Il s’agit entre autres, de l’attente de la nomination des membres du nouveau gouvernement qui interviendra après le 4 avril prochain, l’idée de la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation des législatives couplées aux locales de décembre 2019 mais aussi celle de la suppression et le remplacement du Haut conseil des collectivités territoriales, actuellement dirigé par le patron des Socialistes. A cela s’ajoute également l’horizon politique marqué par le dernier mandat du président Macky Sall qui ne devrait pas normalement se présenter en 2024.

Présenté comme un fin stratège en politique, Ousmane Tanor Dieng est-il en train de manœuvrer derrière cette main tendue à ses camarades. Difficile de répondre. Mais le peu qu’on puisse dire est que c’est la première fois qu’Ousmane Tanor Dieng adopte cette position.  En effet, engagé depuis sa réélection à la tête du Parti socialiste en 2014 dans une sorte de bras de fer avec certains de ses camarades de parti qui ne partageaient pas l’orientation de leur secrétaire général national, Ousmane Tanor Dieng avait même fini à la limite de prendre ses distances avec ces camarades «rebelles» du Ps en coupant tous les ponts entre ces derniers et la direction du parti. Dans les moments difficiles de leur vie politique, certains d’entre eux ont été ainsi obligés de mener tout seul le combat sans que la direction du Ps n’ait levé le plus petit doigt.

Bamba Fall lâche Khalifa pour Tanor « LE PASSÉ EST DERRIÈRE NOUS »

Bamba Fall est de retour au Parti socialiste. Exclu en même temps que Khalifa Sall, Barthélémy Dias et Aïssata Tall Sall, le maire de la Médina a annoncé sa réconciliation avec le Secrétaire général du parti, Ousmane Tanor Dieng. « Je n’ai jamais quitté le parti. Moi, je suis dans le parti et j’y retournerai. Ensemble, nous montrons à tout le monde qu’on a le plus grand parti du Sénégal. Le seul problème que j’avais, c’est que le Parti socialiste doit obligatoirement participer à toutes les élections nationales. Le Parti socialiste doit être à la tête d’une coalition pour chaque élection, c’est possible. Donc, je pense que tout le monde l’a compris maintenant », a annoncé Bamba Fall repris par Le Quotidien. Il ajoute : « En 2024, je souhaite qu’on ait un candidat socialiste, un fils du parti. Donc, je pense qu’on va travailler à cela. Et je n’ai pas trop de conditions. »

Dans la foulée, Bamba Fall révèle avoir discuté avec Ousmane Tanor Dieng sur les perspectives au Ps. Il dit : « Ma maison naturelle, c’est le Parti socialiste. J’ai rencontré le Secrétaire général (du Ps). On a échangé et conclu que le passé est derrière nous. Alors, ensemble, nous allons reconstruire notre parti afin qu’il soit le parti le plus attractif du Sénégal. Je pense qu’on va voir les modalités dans les jours à venir. »

EMEDIA

Khalifa Sall sur la main tendue de Tanor

La main tendue du secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng, à l’endroit de ses ex-camarades, avec à leur tête l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, est partie pour un être sans effets. Selon le coordonnateur du Mouvement « And Dolel Khalifa », Babacar Diop, qui a rencontré Khalifa Sall, lundi 18 mars 2019, à Rebeuss et avec qui il a échangé sur la question, l’appel semble être tombé dans l’oreille d’un sourd. Khalifa Sall lui aurait répondu : « par principe et par dignité, ça ne passera pas ». Babacar Diop s’est entretenu ce mardi avec IGFM.

« La main tendue d’Ousmane Tanor Dieng est un non-évènement »

Quelle est votre réaction par rapport à la main tendue du secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng aux exclus du Ps, avec Khalifa Sall en tête?

Pour moi, la main tendue d’Ousmane Tanor Dieng aux exclus du Ps, est un non-évènement. Depuis le début de cette cabale politique, leur objectif était de rendre inéligible Khalifa Sall. C’était un complot monté par Ousmane Tanor Dieng en étroite collaboration avec le président Macky Sall. Aujourd’hui que l’élection présidentielle est finie, leur objectif aujourd’hui, c’est de négocier la sortie de Khalifa Ababacar Sall. Cela fait partie des raisons pour lesquelles, ils veulent organiser les retrouvailles de la famille socialiste. Nous n’avons aucune intention d’accepter cette main tendue, parce que c’est un non-évènement. Nous avons décidé de tourner le dos au Ps d’Ousmane Tanor Dieng. Nous n’en avons pas besoin.

« Ce que nous demandons à Khalifa Sall, c’est de créer un parti politique avec des hommes et femmes de valeurs »

Vous avez rencontré Khalifa Sall, à Rebeuss, est-ce que vous avez abordé cette question ?

Personnellement, j’ai rencontré le président Khalifa  Ababacar Sall hier à Rebeuss (Ndlr: lundi), je lui ai donné mon avis par rapport à la main-tendue du secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng. Pour nous, tourner le dos au Ps d’Ousmane Tanor Dieng, c’est rendre service au peuple sénégalais. Ousmane Tanor Dieng a assez montré ses faiblesses à la tête du Ps. Un parti remorqué par un parti (Ndlr: l’Alliance pour la République) qui a été créé en moins d’une décennie. C’est une honte de continuer à militer dans ce parti. Ils ont tué ce parti, les idéaux, les principes, les orientations des anciens de ce parti, Senghor et autres. Aujourd’hui, ce que nous demandons à Khalifa Sall, c’est de créer un parti politique. Avec des gens de valeurs, des citoyens qui n’ont jamais fait de la politique. Qui ont un background intellectuel, qui seront en mesure de changer l’état d’esprit de la politique sénégalaise. Ceux qui avec Khalifa Sall sont des hommes et des femmes de valeurs. Qui sont prêts à relever le défi de ce que les sénégalaise attendent des hommes politiques. Nous avons tous constaté la transhumance. Aujourd’hui, toutes les feuilles mortes du Ps sont tombées.

Nous refusons cette main-tendue, qui à mon avis est de l’hypocrisie. Khalifa Sall a été incarcéré en 2017, il a perdu son grand-frère de même père et de même mère, il a perdu son oncle, sa maman est âgée de 93 ans, aucun membre du Ps, en tout cas l’entourage d’Ousmane Tanor Dieng, n’a mis le pied chez lui. Il a été dépouillé de son poste de maire de Dakar, de député à l’Assemblée nationale, ils l’ont poussé à sortir par la grande porte de l’Internationale Socialiste, ce n’est pas aujourd’hui qu’on doit accepter la main-tendue de nos ennemis. Pour moi, ton ennemi d’hier est ton ennemi d’aujourd’hui. Ils seront toujours des ennemis. Ils sont nuisibles pour le Sénégal. Ils ternissent l’image des hommes politiques sénégalais. Nous préférons mourir dans la dignité que de la vendre pour des privilèges. Nous allons continuer le combat dans l’opposition tout en gardant notre dignité. Tout est éphémère dans cette vie. L’essentiel c’est de travailler à laisser une image crédible à ses enfants.

« Si par principe, si par dignité, cela ne va pas passer, c’est qu’il n’a aucune intention de répondre à cette main tendue »

Alors quelle est la réaction de Khalifa Sall sur cette question?

Il n’était pas au courant. Mais comme nous le connaissons tous, Khalifa Sall est un démocrate. Il a dit de laisser les gens s’exprimer, dire ce qu’ils veulent. Mais par dignité et par honneur et surtout par principe, cela ne peut pas passer. Vous ne pouvez pas nous incarcérer pendant deux ans et faire croire que tout est terminé.

C’est ce qu’il a dit ?

Oui. Mais de laisser les gens dire ce qu’ils pensent. La majorité se dégagera. Ce qui est sûr et certain, la majorité n’en veut pas. Quand on a installé le débat dans nos groupes WhatsApp au niveau des 45 départements, personne n’en veut. Ce qui les intéresse, c’est la personne de Khalifa Sall. La personne de Khalifa Sall pèse mille fois plus lourd que le Ps, qui est un parti en voie de disparition. Le Ps est une coquille vide. Si aujourd’hui, Ousmane Tanor Dieng cherche à ressusciter ce parti par la grâce de Khalifa Ababacar Sall, il se trompe. Nous ne nous laisserons pas embarquer dans un véhicule qui n’a pas de destination. Nous par principe et par dignité, nous demandons de continuer notre petit bonhomme de chemin dans la dignité. Khalifa Sall a été assez clair. Il n’avait pas besoin de nous parler directement. Ses propos ont fini de nous édifier. Si par principe, si par dignité, cela ne va pas passer, c’est qu’il n’a aucune intention de répondre à cette main-tendue.

Retour de Khalifa Sall au Ps : Tanor dit oui

Après des années de brouille entre les frères socialistes, l’heure est elle maintenant à la paix ? En tout cas, si l’on se fie aux déclarations du porte parole du parti socialiste Abdoulaye Wilane, cette option n’est pas à exclure.Publicité

Depuis des années leur rivalité a fait les choux gras de la presse. Cette guerre fratricide avait provoqué l’exclusion de Khalifa Sall et Cie du Parti socialiste. Ces derniers payaient ainsi leur décision de se démarquer de la majorité présidentielle. L’emprisonnement de Khalifa Sall avait finit d’achever la fracture au sein des socialistes avec son lot de coups bas et d’attaques verbales. Malgré tout, il y a toujours possibilité de retrouvailles assure Abdoulaye Wilane, « Cheminons ensemble et tendons la main à ceux qui, un moment donné se sont séparés avec nous parce qu’il ya eu des divergences ponctuelles et factuelles, mais ils garde avec eux, l’idéal, l’ambition socialiste et le projet de société socialiste ». Cette main tendue a été saisie par l’ancien Khalifiste  et Maire de la Patte d’oie Banda Diop.Publicité

Reste à savoir si Khalifa Sall et ses plus fidèles lieutenants (Barthélémy Dias, Bamba Fall…) sont dans une dynamique d’enterrer la hache de guerre.