Direct Diamniadio : Cérémonie de Prestation de Serment du Président Macky Sall

Le président de la République, Macky Sall, prête serment, ce mardi 02 avril, 
pour un second et dernier mandat de 5 ans, au Centre des expositions au Pôle urbain de Diamniadio, devant les sept (7) sages du Conseil constitutionnel.

En présence, entre autres, d’une vingtaine de chefs d’Etat et de Gouvernement…, Senego, au cœur de l’événement, vous fait vivre la cérémonie…

Regardez !

Lettre ouverte à son excellence, Monsieur Macky Sall, président de la République du Sénégal… Par Maimouna YADE*

Monsieur le Président Macky SALL,

Nous aimerions, avant toute chose, rendre gloire à Dieu, l’Unique créateur, l’Omniscient, le Miséricordieux.

Maya, Président

Nous vous adressons nos sincères félicitations, Monsieur le Président de la République, pour votre réélection à la tête de notre pays au soir du dimanche 24 février 2019. Nous félicitons également toute la coalition Benno Book Yaakar (BBY) et nos différents alliés qui se sont investis pour ce succès éclatant au premier tour avec 58,27% des suffrages valablement exprimés.

Quatrième Président de la République du Sénégal, Excellence, vous êtes réélu à votre deuxième mandat dans un contexte national où les enjeux majeurs de notre pays tournent autour de la nécessité de renforcement des politiques de développement à travers une implication massive de toutes les forces vives de la nation.

Les sénégalais, y compris les primo-votants ayant massivement participé aux échéances, ont choisi la continuité du Plan Sénégal Emergent, particulièrement sa phase 2 qui met en pratique les nouvelles orientations du Gouvernement que vous-même, Excellence, avez clairement définies dans votre discours à la nation du 31 décembre 2018.

Vous nous aviez gracieusement, à l’occasion, fait part des cinq nouvelles initiatives majeures prévues dans la seconde phase du PSE, donc dans la continuité de l’action.

Il s’agit principalement des initiatives dédiées :

  1. à la réalisation du PSE vert qui place la question de l’environnement et de l’écologie au cœur de l’innovation par la transition agro-écologique ; de la protection du patrimoine forestier pour sauvegarder les intérêts des générations futures ;
  2. à l’économie sociale et solidaire pour compléter les services financiers existant ;
  3. à la Jeunesse sénégalaise par le biais de l’éducation, de la formation professionnelle, de la santé, du sport, des arts et de la culture, de la citoyenneté ;
  4. à l’économie numérique pour entrer et rester dans les défis de la société future pour « un Sénégal numérique » qui innove prêt à donner et recevoir au banquet de l’universel » ;
  5. à l’industrialisation, clé de la transformation structurelle de l’économie.

Monsieur le Président de la République

La jeunesse, dans sa majorité, vous a renouvelé sa confiance malgré l’avènement sur la scène politique d’un nouveau discours qui a convaincu une frange importante de l’électorat, notamment celle de la Diaspora.

On constate aujourd’hui que plus de la moitié (54,9%) de la population en âge de travailler (âgée de 15 ans ou plus) ont participé au marché du travail. Le taux de participation des 15 ans ou plus varie selon le milieu de résidence, avec 52,5% en milieu urbain, contre 57,3% en milieu rural. Ce taux varie également selon le sexe : 62,9% des hommes en âge de travailler sont sur le marché du travail contre 48,5% de femmes.

Depuis ces trois dernières années, les jeunes sénégalais se sont familiarisés avec les notions d’entreprenariat et d’auto-emploi d’une façon plus sérieuse et essaient tant soit peu de démarrer leurs propres business même s’ils se heurtent le plus souvent au faible accès à l’information, au manque de maitrise des réalités du marché financier et à l’accès aux crédits.

La Délégation générale à l’Entreprenariat Rapide des Jeunes et des Femmes (DER/JF) que vous avez nouvellement créée en septembre 2017 avec un budget annuel de trente milliards de francs CFA s’attèle à la prise en charge du besoin essentiel de financement dans la complémentarité des actions multidimensionnelles de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANPEJ) que vous aviez mise sur pied en janvier 2014.

Militante de la cause jeune, nous pouvons vous dire que les efforts consentis ne suffisent pas et ne rassurent toujours pas les jeunes du fait déjà du manque d’efficience dans les actions et de la déconnexion de ces structures du dispositif institutionnel de l’emploi et du travail qui souffre de cohérence depuis quelques années

En outre, le sous-secteur de la microfinance développe des programmes de financement efficaces mais ceux-ci sont plus accessibles aux femmes qu’aux jeunes. C’est l’occasion de rappeler le rôle essentiel de la jeunesse active du secteur informel dans l’économie sociale et solidaire. Dans beaucoup de pays européens, l’économie sociale et solidaire a contribué fortement à diminuer le taux de chômage des jeunes ; la dimension solidaire est ainsi incluse dans tous leurs programmes de création d’entreprises et surtout de start-up.

La nouvelle lettre de politique sectorielle sur l’économie sociale et solidaire en phase finale d’élaboration permettra, certainement, de mieux encadrer ce domaine et de valoriser les petites et moyennes entreprises.

Par ailleurs, le poids démographique de la jeunesse sénégalaise représente une réelle opportunité pour notre pays. Loin d’être un fardeau, c’est un pouvoir immense qu’il faudrait impliquer davantage pour la bonne marche du pays.

Aujourd’hui, il est malheureux de constater que, malgré la débrouillardise de ses dignes fonctionnaires, le Ministère de la Jeunesse ne dégage plus le profil d’un département à part entière aux missions claires et partagées par les différents acteurs. L’organisation et le fonctionnement souffrent encore de cohérence. Les ressources (humaines, matérielles, budgétaires) sont dérisoires. La planification n’est pas maitrisée car la politique nationale de jeunesse repose plus sur des déclarations d’intentions que sur la production d’un document cohérent applicable et suivi dans le temps et dans l’espace.

Il n’existe réellement aucun cadre neutre de concertation nationale des jeunes sénégalais qui soit incontestablement une plateforme d’échanges sérieuses et sincères sur les véritables enjeux et défis de la jeunesse entre tous les acteurs du secteur sans coloration politique aucune.

« LOU GNEUP BOK, DESSKAY WAKHTAANE », nous reprendrions seulement votre démarche historique dans la convocation de toutes les forces vives de la nation autour des nouvelles ressources pétrolières et gazières.

Vous avez, d’ailleurs, rappelé, dans votre discours à la nation du 31 décembre 2018, votre engagement à rester disponible et à l’écoute des populations afin que nous continuons à demeurer une nation debout, active et enthousiaste, en ces termes « Voilà notre défi collectif. Et voilà ce qui me motive à rester dans le temps utile, le temps de l’action, à votre écoute et à votre service, pour continuer à impulser notre développement solidaire et inclusif, dans l’équité territoriale et la justice sociale »

Mais également nous croyons fortement à ce célèbre proverbe de l’ancien Président Américain John Fitzgerald Kennedy, « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande ce que tu peux faire pour ton pays ».

Pour preuve, nous assistons aujourd’hui à un retrait progressif mais dangereux, pour ne pas dire une démission, de jeunes entrepreneurs sénégalais extrêmement influents sur la scène continentale et internationale et très dynamiques dans la mobilisation des ressources, du processus d’appui à création massive d’emploi dans notre pays. Ils dénoncent le manque de sérieux dans la gestion des structures publiques d’appui à l’emploi mais encore le manque d’implication de celles-ci dans la promotion d’une jeunesse compétente et qualifiée.

Monsieur le Président de la République,

Dans notre pays, nous avons des jeunes crédibles, apolitiques parfois, mais extrêmement engagés pour la cause de la jeunesse ; ils sont compétents, déterminés et dévoués. Leur voix est retentissante sur la scène nationale, continentale et internationale ; ils inspirent la jeunesse sénégalaise mais également la jeunesse africaine.

Ils ne demandent qu’à être impliqués, dans cette dynamique de multi-partenariat que nous vous proposons. Ces jeunes mettront tous leurs atouts à profit afin de contribuer à réussir, ensemble avec vous, l’émergence de notre pays. « COMPRENDRE LA JEUNESSE POUR ACCOMPAGNER SA TRANSFORMATION », telle est la ligne rectrice de leurs interventions de tous les jours.

Dans ce sillage, nous savons que bien des défis nous attendent, Excellence. Les recommandations suivantes que nous formulons restent des orientations spécifiques sur lesquelles reposeront, sans nul doute, les termes futurs de notre franche collaboration. Il s’agit, entre autres :

  • d’encourager, avant toute chose et avec la manière, les jeunes à reprendre à leur compte les causes de la priorisation de l’utilité publique, de la citoyenneté active, de l’engagement volontaire, de la diversité, du respect mutuel, de la valeur du travail honnête, de la valorisation et de la consolidation de nos acquis démocratiques, de nos valeurs religieuses et culturelles ;
  • d’assurer une pleine participation des jeunes à la gouvernance, au développement et à l’intégration économique du pays en revisitant la Convention nationale Etat-Employeurs pour la promotion de l’emploi (CNEE) dont il faut revoir l’ancrage et relever les ressources budgétaires afin de renforcer l’appui depuis quelques décennies du secteur privé aux jeunes entrepreneurs et demandeurs d’emploi ;
  • d’encourager fortement l’entreprenariat chez les jeunes filles et jeunes femmes sénégalaises par la promotion de l’égalité des chances en milieu professionnel et en les promouvant, sur la base de la compétence, au même titre que les jeunes hommes ;
  • de renforcer la dynamisation des secteurs économiques en plein essor en misant davantage sur le secteur informel et le secteur agricole.
  • de redéfinir une nouvelle politique nationale de l’Emploi (NPNE) en renforçant de manière dynamique les institutions en charge de l’Emploi pour harmoniser de manière concordante toutes les actions en faveur de l’employabilité des jeunes, de l’insertion professionnelle rapide et massive des jeunes et de la migration de main-d’œuvre ;
  • d’encourager les programmes des jeunes sur la santé communautaire, de renforcer les mécanismes et dispositifs d’accompagnement des jeunes vulnérables en insistant sur l’accès de ces jeunes et adolescents aux informations sur la santé de la reproduction ;
  • de revoir l’organisation et le fonctionnement du Ministère de la Jeunesse, incluant la réforme des centres départementaux de l’éducation populaire et des sports (CDEPS) et des Inspections régionales de la jeunesse (IRJ), d’adapter sérieusement ce secteur aux nouveaux besoins socioéconomiques de la jeunesse sénégalaise par le biais de l’élaboration d’une nouvelle politique nationale de jeunesse (PNJ) et de redéfinir les contours du Programme des Vacances Citoyennes ;
  • d’impliquer la jeunesse des banlieues et des collectivités territoriales dans ce nouveau partenariat nationale afin de ne laisser aucun jeune sénégalais en rade.

Monsieur le Président Macky SALL,

Nous restons convaincus et ne nourrissons point de doute que ces recommandations vous parviendront et feront l’objet d’une prise en charge sérieuse dans le nouvel attelage gouvernemental qui portera les débuts de votre nouveau mandat.

La Jeunesse vous renouvelle sa confiance, vous exprime son profond respect et attend beaucoup de votre gouvernance.

Puisse Dieu vous donner la force de réaliser votre vision ambitieuse que nous partageons d’un Sénégal Émergent.

* Conseiller technique en Genre du Ministre de l’Economie Solidaire et de la Microfinance ;

Ancien Conseiller technique du Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Construction citoyenne ;

Fondatrice de JGEN, Women Global Entrepreneurship ;

Coordinatrice de la Plateforme des Jeunes Femmes Leaders pour l’Emergence (PAJEFE) ;

Membre de l’Alliance Nationale pour la République (APR Kaolack) ;

Citoyenne engagée.

Le Président des jeunes de la coalition « Idy 2019» condamné à 6 mois de prison

Le Président des jeunes de la coalition « Idy 2019 », Mory Guèye est condamné à 6 mois de prison dont 1 mois ferme nous révèle l’observateur.

Devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, ce mercredi, il a été reconnu coupable des délits d’outrage à magistrat, participation à un rassemblement illicite, diffusion et publication de fausses nouvelles, et menaces et voies de faits. Mory Guèye s’est défendu d’avoir agi dans un excès de colère.

Appel du Président Macky Sall : Messieurs les politiques, dialoguez ! (Par Souleymane Ly)

Après la publication des résultats des présidentielles par le conseil constitutionnel confirmant la réélection du candidat Macky SALL au 1er tour, ce dernier a fait une adresse à la nation afin de saluer la maturité du peuple.

Ce qu’on retient le plus dans son discours c’est l’appel à un dialogue politique inclusif. Il va même plus loin en invitant ses prédécesseurs DIOUF et WADE à s’impliquer pour la réussite de ce dialogue. 

Cet appel a été diversement accueilli par les différents leaders politiques mais a été salué par tous. On y sent un élan de dépassement des clivages mais aussi une envie d’apaiser le climat politique et social. Ces dernières années, notre pays a vécu des moments d’incertitudes faits d’invectives, de déclarations incendiaires, d’insultes… à tous les niveaux. 

La vérité est que tout le monde a eu peur et personne n’est prête à revivre ce stress une seconde fois. Personne ne pensait un seul instant qu’on irait à ses élections et nous en sortir sans enterrer des centaines de morts et panser des milliers de blessures.

La communauté internationale était aussi très inquiète quant à l’issu de
ces élections. Le peuple est allé massivement voté dans le calme et à la proclamation des résultats celui ci est passé à autres choses refusant de jouer les prolongations pour qui que ce soit.

Ce peuple qu’on disait mature est devenu RÉPUBLICAIN. Qu’il en soit
infiniment remercié ! C’est ce peuple magnifique qui mérite que les politiques se mettent autour de la table.

Les egos surdimensionnés doivent être mis de côté au nom de l’intérêt
supérieur de la Nation. On ne peut plus continuer à l’approche de chaque élection vivre l’enfer du stress de lendemains troubles. Nous ne pouvons plus nous permettre de jouer avec le feu comme on le fait surtout quand on a du pétrole sous les pieds : ça peut exploser à tout moment !

Pour réussir ce dialogue il faut que la confiance entre l’opposition dite représentative et le pouvoir s’installe. Sans cela on continuera à avoir des
discussions boycottées par cette opposition qui rejettera inéluctablement toutes les conclusions qui y seront issues. Ainsi on retombera dans un éternel recommencement avec un rejet de tout le processus électoral.

Messieurs de l’opposition ! Vous dites que le fichier électoral est piégé et que le système de parrainage doit être revu alors vous avez l’occasion rêvée de mettre tout ceci sur la tables des discussions.

La politique de la chaise vide n’a jamais prospéré. Il faut accepter la main tendue du Président de la République afin d’éviter demain que ce peuple républicain ne se détourne de vous. Quand on a des choses à dire et qu’on vous en donne l’occasion il ne faut pas s’en priver.

L’opposition ne peut aujourd’hui plus se permettre de boycotter toutes les
tables de dialogue et vouloir continuer à dénoncer. C’est contre productif !
Maintenant si l’on veut que la confiance s’installe il ne serait pas superflu de confier l’organisation de ce dialogue à une structure ou une personne indépendante.

Cette dernière aura la charge de tracer les lignes directrices des discussions en restant équidistante entre les différentes parties prenantes. Les termes de références et la feuille de route pourront aussi faire l’objet d’une élaboration participative et inclusive avant de chercher une large validation. 

C’est avec cette démarche que notre pays a eu le code électoral consensuel dit « code Keba Mbaye » de 1992 ainsi que la création de l’Observatoire Nationale des Élections (ONEL) devenue CENA. 

Les hommes politiques ne peuvent pas continuer à s’ignorer et à dialoguer par presse interposée. Ce que vous faites tous les jours à travers les médias, c’est cela même que l’on vous demande autour d’une table. On ne vous demande pas d’être d’accord mais de donner votre avis et d’écouter
ceux des autres.

Ensuite en adultes et responsables du devenir de ce pays, vous chercherez à trouver des consensus forts afin de préserver notre pays du diable de la division et de la violence inutile. Ce n’est pas trop vous demander si réellement l’amour que vous déclarez pour le pays est sincère. 

Permettez au Sénégal de continuer à donner la plus belle image d’une démocratie achevée au monde entier. Ce mandat ci qui sera le second et le dernier pour le Président en exercice vous donne à tous l’occasion rêvée d’aider ce dernier à écrire l’une des plus belles pages de notre histoire. 

Les élections locales approchent à grands pas et vous n’avez plus le temps des petites bouderies. Il faut que chacun accepte Le Bras tendu de l’autre et de faire des concessions.

Nous le méritons vraiment !
Dialoguez Messieurs !
Merci au PEUPLE!

Souleymane Ly
Spécialiste en communication
julesly10@yahoo.fr

Me Moussa Sarr sur un éventuel 3e mandat du Président Sall : «Pour ceux qui l’ont tenté, ça a toujours été un échec »

Me Moussa Sarr s’indigne du débat qui est en train d’être agité relativement à un troisième mandat du Chef de l’Etat alors que ce dernier n’a pas même pas encore prêté serment pour son second mandat.

Spécialiste du contentieux des affaires, Me Moussa Sarr, avocat à la Cour, n’est pas du moins un observateur averti de la Scène politique Sénégalaise. Dans un entretien qu’il a eu à faire avec nos confrères du journal Vox Populi, relativement à la question du troisième mandat du Président Macky Sall, pour la robe noire, « c’est indécent qu’au sortir de la proclamation des résultats définitifs proclamés par le Conseil constitutionnel, alors que le chef de l’Etat n’a pas même encore prêté serment que ce débat soit agité.

Ça me parait non seulement indécent mais aussi inopportun et inapproprié », a-t-il dit. Au regard de Me Moussa Sarr, « même si c’est possible uniquement ça me parait politiquement improductif(…),rapporte Léral. Et partout dans le monde, où on a vu certains acteurs tenter un troisième mandat, ça a toujours été un échec. Et je pense que politiquement, le chef de l’Etat ne va pas tenter cela et qu’il aura pour priorité de se défaire des contingences politiques et politiciennes, pour s’attaquer résolument aux problèmes des Sénégalais et du Sénégal, pour sortir par la grande porte ».

Par Ibrahima Silla « Le Président doit se consacrer à gérer sa vision et non à dialoguer… »

L’Enseignant-chercheur en science politique est revenu largement dans un texte intitulé « halte à la tyrannie du dialogue « , sur l’appel au dialogue lancé récemment par le président Macky Sall à toutes les composantes de la nation.

A en croire Ibrahima Silla, l’emploi du temps du président de la République devrait être consacré à la gestion de sa vision plutôt qu’à divertir la République par le dialogue.

Pour le chercheur en science politique, le rôle de l’Exécutif n’est pas de dialoguer, mais bien d’appliquer les lois votées par le Parlement et d’exécuter les politiques publiques.

Il explique que « le parlement est là pour organiser méthodiquement le débat démocratique ».

Autrement, le dialogue peut légitimement être vu comme un moyen de déguiser la démarche cavalière et l’exercice solitaire et autoritaire du pouvoir.

Les intentions actuelles sont discréditées par les actions d’hier ; elles-mêmes malmenées par les intentions d’hier à l’égard de l’opposition d’abord traitée de tous les noms d’oiseaux, puis invitée, méprisée et snobée, enfin réinvitée au dialogue.

C’est quoi ce jeu, s’interroge-t-il. Et de faire savoir qu’ Il faut être un opposant pervers narcissique voire sadomasochiste pour accepter cette main tendue qui pourrait bien ressembler à un nouveau guet-apens. Et si dialoguer, c’était du «blaguer-dealer» ? 

Appel au dialogue de Macky Sall : Me Alioune Badara Cissé apprécie mais…

La main tendue du chef de l’Etat nouvellement réélu à l’opposition est bien appréciée par le Médiateur de la République. Me Alioune Badara Cissé qui s’est exprimé sur la question soutient cependant que cet appel au dialogue doit concerner aussi bien les anciens présidents Wade et Diouf, mais aussi, les chefs de l’opposition dont ceux qui sont privés de liberté comme Khalifa Sall. 

«Dans sa volonté de donner corps à cet appel, pour le rendre effectif dans les plus brefs délais, il est impérieux que notre ami et frère Khalifa Sall puisse retrouver sa vieille mère, sa famille et sa dignité», a déclaré le Médiateur de la République qui réagissait suite à l’appel au dialogue lancé par Macky Sall mardi, quelques temps après la confirmation par le Conseil Constitutionnel, de sa réélection à la tête du Sénégal. 

Mais, à côté de ce pas effectué par Macky Sall l’opposition elle aussi, à un effort à faire, d’abord en changeant de fusil d’épaule pour reconnaitre sa victoire. Car, explique-t-il sur Rfm, ce geste pourrait contribuer à réchauffer le climat tendu qui prévaut actuellement au Sénégal. 

«Il est tout aussi important que ceux qui devraient y répondre constatent que c’est le Président qui est élu et qu’un geste républicain, un appel, un message au nom du groupe, est important pour apaiser cette situation de manière définitive». 

Macky Sall avait invité ses prédécesseurs à la tête du Sénégal Abdou Diouf et Me Abdoulaye Wade, ainsi que l’opposition à dialoguer afin de faire face ensemble aux grands défis qui attendent le Sénégal. Il avait en outre expliqué que la page de la Présidentielle a été tournée, et que désormais, «il n’y a plus qu’un seul camp, le Sénégal».

Le Parti (PUR) du candidat Issa Sall, accepte l’invitation au dialogue, lancée par le président Macky Sall

Le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR) du candidat Issa Sall, accepte l’invitation au dialogue, lancée hier, mardi 5 mars, par le président Macky Sall, lors de sa première sortie officielle après sa réélection.
En effet, en phase avec l’appel du chef de l’Etat, le parti de l’opposition exige, toutefois, un dialogue sincère.

« Nous n’avons aucune difficulté à répondre au dialogue de Macky Sall, déclare Khalifa Mbodj, le Secrétaire permanent dudit parti, interrogé par la Rfm. Au-delà de lui, il s’agit de l’avenir du Sénégal. Le président entame son dernier mandat et le Sénégal va demeurer. Nous saluons cet appel au dialogue. Maintenant, il y’ a une seule exigence pour participer à ces dialogues, c’est que ce dialogue soit sincère. ».

Le membre du Pur de poursuivre : « Le président nous avait appelés à un dialogue sur le processus électoral. Nous avions fait des propositions allant dans le sens du bulletin unique (afin) d’avoir un bon fichier. Mais ce qui l’intéressait, c’était son parrainage. »
Soupçonneux, Khalifa Mbodj se demande si « ce sera un dialogue pour essayer de nous jouer un mauvais tour. »