Sonko décline la main tendue de Macky

Ousmane Sonko décline l’appel au dialogue de Macky Sall. Le Pastef parle de « non-événement ».

El Hadji Malick Ndiaye : « Nous sommes passés à autre chose, parce que c’est un non-événement et nous ne souhaitons pas réagir. »

Pour l’instant, au sein de la coalition Idy2019, c’est motus et bouche cousue.

Le message de Macky à Idrissa, Sonko, Issa, Madické, après sa victoire!

Réélu pour un deuxième mandat par les Sénégalais, le président Macky Sall a adressé, un message de remerciements aux Sénégalais, à son directoire de campagne et à la coalition Bby.

Après s’être réjoui du bon déroulement du scrutin du 24 février 2019, Macky Sall a tenu , à assurer qu’il respectera le choix des Sénégalais, qui n’on’t pas voté pour lui.  » Il y a eu ni vainqueur ni vaincue, je considère qu’il n y a plus d’électeurs, ni de camps, je ne vois qu’un seul camp. C’est le Sénégalais qui a librement exercé son devoir citoyen . Je serai le président de tous les Sénégalais et toutes les Sénégalaises ».

Ainsi, il tend la main à toute l’opposition notamment à Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Madické Niang, Issa Sall, à la société civile , pour un dialogue après sa prestation de serment, le 2 février 2019.

Les deux anciens présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade y sont aussi conviés

« Je salue les autres candidats à l’élection présidentielle. Après ma prestation de serment, je leur convie tous à un dialogue, y compris Abdoulaye Wade et Abdou Diouf. »

Tierno Monénembo: Je ne sais pas qui vous êtes, Monsieur Sonko, je ne sais pas ce que vous avez derrière la tête. Mais de grâce, ne vous éloignez pas trop. L’Afrique aspire à un nouvel air

Tierno Monénembo – « Sénégal : le syndrome Sonko »
CHRONIQUE. À la suite de la présidentielle, le célèbre écrivain franco-guinéen, Prix Renaudot 2008, s’interroge sur ce pays symbole de la démocratie en Afrique. « Qu’est-il arrivé au Sénégal ? » demande-t-il.

Mais où est donc passée cette société fluide et raffinée que nous a léguée le lettré Senghor  ? Relâchée, mal huilée, la société sénégalaise se met à grincer de partout et devient méconnaissable. Elle commence à imiter, à un rythme inquiétant, les gros défauts de ses voisins. Voilà que ce pays de juristes et de rhéteurs est pris en flagrant de dérapages. Les discours deviennent excessifs. Le débat politique, jusque-là civilisé, se transforme en une série de règlements de comptes où les rancunes et les haines tiennent lieu et place de méthodes et d’arguments. Me revient en tête ce que me disait mon défunt ami, l’anthropologue Mangoné Niang, alors qu’à la fin du siècle dernier nous remontions à pied le canal de la Gueule-Tapée : « Ici, les problèmes sont nombreux, mais ils sont surmontables. Tu sais pourquoi ? Parce qu’à tout moment, il surgit un espace de négociation. »

Une nouvelle culture en rupture avec le wakhtane  ?
La tolérance, la palabre, le wakhtane, l’espace de négociation, cette vertu cardinale de la société sénégalaise est en train de se rétrécir sous le double coup des mesquineries et des ambitions partisanes. Et par malheur, personne n’est innocent dans l’insoutenable dérive d’un système politique qui forçait l’admiration. On a du mal à comprendre la violence avec laquelle le président Macky Sall a traité Karim Wade et Khalifa Sall comme par hasard, deux potentiels adversaires. À tel point que l’on est en droit de se demander si dans ces deux cas le harcèlement politique ne prend pas le pas sur la rigueur judiciaire.

Président Wade, mais pourquoi cet appel inquiétant ?
Mais Macky Sall n’est pas le seul à blâmer, loin de là ! Le président Abdoulaye Wade – Gorgui, comme l’appellent affectueusement les gamins de Colobane ! – aurait dû faire preuve d’un peu plus de retenue. D’où lui vient ce discours inquisitorial  ? De son âme de père de famille blessé ou de son respectable statut d’ancien chef d’État ? L’Afrique actuelle est fragile, président Wade, très fragile. Une seule petite étincelle et c’est tout le continent qui brûle. Et vous, vous avez tout pour nous garder de la mésaventure : le talent, la maturité de l’âge et l’expérience de l’État. Usez-en, je vous en prie ! Si des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana sombrent, que va-t-il nous rester ? Ce cirque est d’autant désespérant que les principaux acteurs sont issus du même moule : anciens du Parti démocratique sénégalais (PDS) et, pour la plupart en tout cas, anciens hauts fonctionnaires de l’État. Ce qui donne le beau rôle à Ousmane Sonko, le petit Poucet de cette incroyable présidentielle.

La surprise Sonko
Cet homme venu de nulle part a secoué le vieux cocotier des rentiers et des has been et a réussi à se poser comme le gage d’avenir des futures générations. Comment a-t-il fait ? Anonyme, démuni, sans passé et sans tutelle, il a raflé à son premier essai près de 16 % des voix, talonnant de près le très charismatique Idrissa Seck. À quoi attribuer sa prouesse : à sa jeunesse, à ses idées, à son programme politique ? Je n’en sais rien. Je ne l’ai que peu écouté, je n’ai même pas lu son livre, Solutions. Seulement, blasé et bourré de colère comme la plupart des Africains, je suis prêt à me jeter dans les bras du premier… nouveau-venu ne serait-ce que pour sa gueule et pour le timbre de sa voix. Je ne sais pas qui vous êtes, Monsieur Sonko, je ne sais pas ce que vous avez derrière la tête. Mais de grâce, ne vous éloignez pas trop. L’Afrique aspire à un nouvel air, à une nouvelle eau, à une nouvelle sève.

  • 1986, Grand prix littéraire d’Afrique noire ex-aequo, pour « Les Écailles du ciel »; 2008, prix Renaudot pour « Le Roi de Kahel » ; 2012, prix Erckmann-Chatrian et Grand prix du roman métis pour « Le Terroriste noir » ; 2013, Grand prix Palatine et prix Ahmadou-Kourouma pour « Le Terroriste noir » ; 2017, Grand prix de la francophonie pour l’ensemble de son œuvre.

(Photo) Mardi-gras : ce petit garçon se déguise en Ousmane Sonko et fait le buzz

Période festive, qui marque la fin de la « semaine des sept jours gras », le Mardi gras est suivi par le mercredi des Cendres et le carême, pendant lequel les chrétiens sont invités à « manger maigre » en s’abstenant de viande. Au Sénégal, presque toutes les écoles fêtent cette journée. Et s’il y en a un qui a marqué les esprits, c’est ce jeune garçon qui a attiré les attentions en se déguisant en… Ousmane Sonko !

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94 milliards : « L’Assemblée a d’autres moyens pour entendre Sonko ailleurs… »

Les 94 milliards qui seraient détournés par Mamour Diallo, Dg des Impôts et Domaines, selon Ousmane Seck, sont dépoussiérés à l’Assemblée nationale.

Mais la Commission nationale d’enquête  parlementaire installée à cet effet, en pleine campagne électorale, ne peut forcer Ousmane Sonko à se présenter, reconnait sur la Rfm, le premier questeur, Daouda Dia.

Cependant, note-t-il, l’Assemblée nationale mettra à contribution tous les moyens légaux  pour tirer au clair cette affaire.

« Le dossier suit son cours normal. Si Sonko défère à la convocation, tant mieux. S’il ne défère pas, l’Assemblée a d’autres mécanismes pour pouvoir l’entendre ailleurs… »

Ousmane Sonko sort grandi de cette Présidentielle

Les résultats provisoires publiés par la commission nationale de recensement des vote crédite le candidat Ousmane Sonko d’un score de 15,6%. Ce qui le place à la troisième place de cette élection présidentielle.

Le leader du Pastef réalise ainsi une performance électorale non négligeable. Pour celui qui est passé au plus fort reste lors des Législatives de 2017. Avec la coalition Ndawi Askanwi, il n’avait recueilli que 35 705 voix, soit 1,15% de l’électorat.

Et un an six mois après, il est arrivé à multiplier son électorat par vingt. C’est-à-dire que 687 065 électeurs ont porté leur choix sur sa personne et son discours anti-système.

Par exemple à Dakar, il s’est adjugé 19,99% de l’électorat, soit 229 687, alors qu’en 2017, 13 891 électeurs avaient voté pour lui, c’est-à-dire 1,70%. Il en est de même à Ziguinchor. Région qui est désormais dans l’escarcelle de Pastef.

Ousmane Sonko est le maître de cette région symbolique de la verte Casamance où il a obtenu 101 938 des voix, à savoir 57,24%. Il y devance ainsi Macky Sall et Idrissa Seck.

Il a aussi fait une remontée  à Thiès, Sédhiou, Kolda, Kaolack, Fatick, Diourbel, des régions où il ne dépassait pas la barre des 1 000 voix; en 2017. La donne a changé en 2019 et Sonko est parvenu à radicalement renverser la tendance. Une performance rarement réussie par un homme politique sénégalais; pour une première participation à une Présidentielle.

Ousmane Sonko rentre ainsi dans l’histoire politique et électorale du pays. Car, hormis les cinq présidents de la République qu’a connus le Sénégal, il est, avec Idrissa Seck et Moustapha Niasse, les seuls à avoir franchi la barre des 15%.