Chef de l’opposition : entre Ousman Sonko et Idy, Macky Sall porte son choix

Le leader de Pastef avait indiqué, au lendemain de la présidentielle, être disposé à enfiler le costume de chef de l’opposition. Aussi surréaliste que cela puisse paraître, Ousmane Sonko pourrait être servi, dans un souci d’asphyxier Idrissa Seck, sur un plateau d’argent par Macky Sall.

Les rideaux sont tirés sur la présidentielle. Macky Sall tient son deuxième mandat. Groggy, l’opposition encaisse la défaite et rumine sa colère. L’heure est aux spéculations et aux projections. Des plus réalistes aux plus invraisemblables. Mais, comme les chemins du Destin, pardon de la politique, sont impénétrables, il ne faut rien exclure.

C’est ainsi que certains observateurs persistent à croire que le pouvoir marron-beige, qui vient de renouveler son bail pour 5 ans à la tête du pays, compte poser, hic et nunc, des actes de nature à pacifier le Landerneau politique et, surtout, faire de sorte que l’image de la démocratie sénégalaise, qui semble écornée aux entournures, reste intacte.

Aussi, l’appel solennel au dialogue lancé par Macky Sall, sous les lambris dorés de la Salle des Banquets du palais de la République, donne l’exacte mesure de la volonté manifeste échafaudée au sommet de l’État d’aller dans le sens de jeter les bases d’un New Deal politique sous nos tropiques.

Que de sacrifices sur l’autel des retrouvailles entre Wade et Macky
En effet, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le pouvoir piaffe d’impatience, pour placer son quinquennat sous le signe de la décrispation et de la Rupture, de donner corps à d’importants points du référendum du 20 mars 2016, notamment le statut de l’opposition.

Devant déboucher sur le renforcement des droits inaliénables de l’opposition et consacrer son chef comme membre à part entière du décorum républicain, les relations exécrables entre Macky Sall et Me Abdoulaye Wade, par l’emprisonnement de son fils Karim interposé, était loin de plaider en faveur d’un tel projet.

Mais, dès l’instant que des signaux sont émis, ici et là, pour aller dans le sens d’un « dialogue », peut-être le premier jalon des fameuses retrouvailles de la grande famille libérale claironnée urbi et orbi depuis 2012, rien ne semble plus s’opposer à ce qui sera une grande avancée démocratique.

« Sonko a beaucoup de mérite. Il faut l’associer à l’exercice du pouvoir »
Sauf que Macky Sall, au regard des contentieux non encore soldés entre lui et son « frère libéral » Idrissa Seck depuis l’épisode des « Chantiers de Thiès » et de ses séquelles sur l’enfant de Thiès, souhaiterait avoir un autre interlocuteur comme chef de l’opposition. Et, Ousmane Sonko est le profil idéal.

À ce propos, de profonds changements de paradigmes seraient dans le pipeline au sein des officines du pouvoir. C’est ainsi que le leader de Pastef, connu pour être un véritable punching-ball de Macky Sall, pourrait lui servir, à son corps défendant, de cheval de Troie pour contenir Idrissa Seck.

Proche du chef de l’État, Madiambal Diagne est, désormais, d’avis que « Ousmane Sonko a beaucoup de mérite et qu’il faut le respecter ». Allez savoir comment. Pourtant, il y a peu, le journaliste boute-en-train flinguait, à bout portant, l’ex-Inspecteur des Impôts et Domaines qui le lui rendait bien.

De l’art de ringardiser, par Realpolitik, une certaine opposition
Le patron des jeunes de la coalition Benno Bokk Yaakaar (Bby), Zator Mbaye de l’Alliance des forces de progrès (Afp), de lui emboîter le pas : « Ousmane Sonko a fait un score très honorable (Ndlr, 15,67% soit 687.523 voix). Je l’invite à discuter avec le chef de l’État qui doit l’associer, si possible, à l’exercice du pouvoir ».

Si ce ne sont pas des ballons de sonde, ces deux sorties ont, au moins, le mérite de faire éclater au grand jour la disposition affichée du pouvoir, sur l’autel de la froide Realpolitik, de créer les conditions, à l’issue des législatives anticipées (?) de décembre, de placer Ousmane Sonko à la tête de l’opposition.

Un cas de figure qui aura, pour le pouvoir qui se rabiboche avec le Parti démocratique sénégalais (Pds), un triple avantage : fédérer les libéraux de lait, anéantir Idrissa Seck et envoyer définitivement dans les cordes certains opposants (Khalifa Sall, Pape Diop, Malick Gakou, Abdoul Mbaye, Decroix…).

SENEWEB

Abdoulaye Wade ou Idrissa Seck, tête de fil de l’opposition et non Ousmane Sonko, selon Mously Diakhaté:

Mously Diakhaté a donné son avis sur la situation actuelle du pays, particulièrement , notamment la main tendue du président Macky Sall à l’opposition pour un dialogue.

Entre Idrissa Seck, qui est arrivé second lors de cette présidentielle et Ousmane Sonko, qui sera chef de fil de l’opposition? Mously Diakhaté opte pour Abdoulaye Wade, ou le président de la Coalition Idy2019 car, selon elle, il existe deux oppositions, celle dirigée par Me Abdoulaye Wade et celle notée lors de ces élections, celle des quatre (4) autres candidats, qui ont fait face à Macky Sall. « Ça se joue entre le Pds et Rewmi…« , laisse-t-elle entendre.

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Si j’étais Idrissa Seck : «Consolider les acquis de 2019 pour asseoir une gouvernance locale…»

Arrivé deuxième à la dernière présidentielle, Idrissa Seck, ne doit nullement pas baissés les armes politiques. Il doit consolider les acquis de sa coalition de 2019, pour qu’au soir des élections locales, assoir une gouvernance locale une fois le maximum de collectivités remportées sur toute l’étendue du territoire national. Une chose qui fera de lui, incontestablement, le leader politique sur qui il faut compter pour les prochaines élections Législatives et la présidentielles de 2024. Parce que la coalition IDY 2019 estampillée XXL à polariser l’essentiel de l’opposition dans le respect du leadership éclaté.

Une ambition adossée à une vision claire…

Tout le long de la campagne électorale de la présidentielle du 24 février dernier qui a vu la victoire de Macky Sall dés le premier tour, la majorité des sénégalais semble désormais comprendre le sens véritable du combat politique et de l’engagement patriotique d’Idrissa Seck.

Parce que dans ses discours et son programme, il nourrit beaucoup d’ambition pour le Sénégal, une ambition adossée à une vision claire et sous-tendue par un projet politique à la fois inclusif et plausible.

Avec la coalition IDY 2019, comme l’a si bien libellé Abdallah Cissé, Sociologue, Diplômé en leadership politique, membre du cercle des cadres de Rewmi, dans une de ses publications, «la vision de Idy2019 est très claire et les actions dépendront du commun vouloir du peuple sénégalais, le seul à décider celui qui présidera à ses destinées. Toutefois, tout semble indiquer que ce dernier a pris l’option ferme, en cette élection présidentielle 2019, de renouer le parfait amour qui le liait jadis au Président de Rewmi, après que de fausses et ubuesques rumeurs savamment orchestrées, aient été véhiculées à son endroit».

Une coalition XXL…Publicité

L’une des plus grandes forces de cette coalition a été de réussir à polariser l’essentiel de l’opposition dans le respect du leadership éclaté. On y trouve selon toujours Abdallah Cissé, des talents prometteurs, connus pour leur patriotisme, leur cursus politique et/ou professionnel : Cheikh Bamba Dièye du FSD/BJ, Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, Malick Gackou du Grand Parti, de Thierno Bokoum du mouvement AGIR, le Capitaine Dièye du mouvement NIT, Ababacar Diop des FDS, Mamadou Lamine Diallo, par ailleurs Président de Tekki, l’ancien Premier Ministre Abdou Mbaye, Moustapha Guirassy, Hélène Tine, Pr Amsatou Sow Sidibé, Cheikh Alassane Sène, l’entrepreneur Bougane Gueye, Mme Nafissatou Wade, pour ne citer que ceux-là, Idrissa Seck doit maintenir la dynamique.

C’est la coalition qui avait plus attiré l’attention des électeurs d’ici et d’ailleurs. La coalition IDY 2019 avait proposé aux sénégalais une offre programmatique solide, définie par des experts nationaux dans leurs domaines respectifs d’intervention.

Les Locales de décembre en point de mur…

Après la débâcle au soir du 24 février 2019, la coalition IDY 2019, qui a une somme d’expérience avec de hautes personnalités publiques ayant déjà fait leur preuve, doit résolument se tourner vers la préparation des élections locales prévues au mois de décembre prochain.

Et pour se faire, le leader, Idrissa Seck doit maintenir les membres de cette coalition hétérogène pour une victoire aux élections locales. Car, contrôler les collectivités locales est une avance considérable. Cela a permis à Macky Sall qui contrôle plus de 517 collectivités locales du pays, à faire largement la différence dans nombres de départements et régions du pays, le 24 février dernier.

Laisser cette coalition s’effriter serait une erreur fatale pour le candidat malheureux arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle.

C’est avec un bon score aux prochaines joutes locales, que le leader de Idy 2019, va espérer avoir un bon résultat aux prochaines Législatives, pour envisager la Présidentielle de 2024 avec beaucoup d’espoir, même si y aura lieu de faire confiance aux plus jeunes.

Le message de Macky à Idrissa, Sonko, Issa, Madické, après sa victoire!

Réélu pour un deuxième mandat par les Sénégalais, le président Macky Sall a adressé, un message de remerciements aux Sénégalais, à son directoire de campagne et à la coalition Bby.

Après s’être réjoui du bon déroulement du scrutin du 24 février 2019, Macky Sall a tenu , à assurer qu’il respectera le choix des Sénégalais, qui n’on’t pas voté pour lui.  » Il y a eu ni vainqueur ni vaincue, je considère qu’il n y a plus d’électeurs, ni de camps, je ne vois qu’un seul camp. C’est le Sénégalais qui a librement exercé son devoir citoyen . Je serai le président de tous les Sénégalais et toutes les Sénégalaises ».

Ainsi, il tend la main à toute l’opposition notamment à Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Madické Niang, Issa Sall, à la société civile , pour un dialogue après sa prestation de serment, le 2 février 2019.

Les deux anciens présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade y sont aussi conviés

« Je salue les autres candidats à l’élection présidentielle. Après ma prestation de serment, je leur convie tous à un dialogue, y compris Abdoulaye Wade et Abdou Diouf. »

Robert Bourgi : « Idy est du passé, Sonko incarne le Sénégal de demain »

« Je n’imagine pas l’après-Macky sans Ousmane Sonko. Il a de l’avenir. J’ai constaté un amour fou des jeunes et des femmes pour Macky Sall. Mais, j’ai constaté que les jeunes affectionnent tout particulièrement Sonko qui incarne le monde de demain, le Sénégal de demain », a déclaré Robert Bourgi dans un entretien avec L’Observateur.

Quid du candidat arrivé deuxième, selon les résultats provisoires, à la présidentielle du 24 février dernier ? Le célèbre avocat franco-sénégalais tranche sur le vif : « Idrissa Seck n’est constant ni dans ses discours, ni dans ses convictions. Idy apparaît comme un homme du passé (…) Son discours est vieux, ancien. C’est l’ancien monde ».

Résultat présidentielle 2019: Idrissa Seck, la renaissance du sphinx…

20,5%, c’est le score de Idrissa Seck lors de la présidentielle du 24 février. Un score qui le place à la deuxième place, loin derrière le vainqueur, Macky Sall qui s’en sort avec 58,27%.

« Une déception« , selon certains analystes au regard de sa coalition qui regroupait presque tous les candidats qui n’ont pu passer par le filtre du parrainage. Une coalition XXL que beaucoup voyaient au deuxième tour. Malheureusement ça ne s’est pas réalisé.

En analysant les scores obtenus par le candidat de la coalition Idy2019 lors des trois dernières présidentielle, on a en 2007, Idrissa Seck qui était la révélation de cette élection, avait obtenu seulement 14,86 % des voix. Ce qui l’avait placé en deuxième position derrière le président de l’époque, Abdoulaye Wade.

À l’issue du premier tour de l’élection présidentielle de 2012, Idrissa Seck obtient 7 % car, victime de sa non-campagne et d’une mauvaise image due à ses relations troubles avec Wade.

Donc, avec ces 20,5% des voix exprimées en 2019, Idrissa Seck connait un avancé considérable et une sorte de renaissance.

Pour rappel, à part les cinq présidents qu’a connu le Sénégal, il est le seul candidat de l’opposition à avoir obtenu un score de plus de 20%.