Malick Guèye installé au poste de Khalifa Sall

Malick Guèye et Maïmouna Sène sont les députés déclarés élus par le Conseil constitutionnel pour remplacer respectivement Khalifa Ababacar Sall, radié, et Ndiassé Kâ, décédé. Ils sont installés, hier, par l’Assemblée nationale sous de vives critiques des députés de l’opposition.

Condamné par la Cour suprême et écarté de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnelle, Khalifa Ababacar Sall est radié de son poste de député et remplacé par Malick Guèye . Ce dernier est installé, hier, par des huissiers, avec un autre député remplaçant Ndiassé Kâ, parlementaire de la majorité récemment décédé. Ces remplacements sont effectués suite à la déclaration des candidats élus par le Conseil constitutionnel.

«Conformément aux dispositions des articles L145 et L150, j’invite également Maïmouna Sène, candidate suppléante sur la même liste que le défunt député Ndiassé Kâ, à venir occuper sa place, et à Malick Gaye, d’occuper la place de Khalifa Ababacar Sall. Je demande aux huissiers de venir installer les deux députés», a ordonné Moustapha Niasse, président de l’Assemblée nationale.

Un fait qui sera mal accueilli par les députés de l’opposition. Ces parlementaires trouvent cette affaire injuste, surtout le cas Khalifa Sall. Pour le président du groupe parlementaire «Liberté et démocratie», Serigne Cheikh Bara Doly Mbacké, le président de l’Assemblée nationale a violé la Constitution, car n’ayant pas le droit de radier Khalifa Sall qui, dit-il, n’est pas définitivement condamné.

«Le dossier de Khalifa Sall n’est pas encore épuisé, car ces avocats ont introduit un rabat d’arrêt à la Cour suprême. Donc, comment peut-on le radier, puisque son dossier est toujours en cours. Aussi, le député que vous avez installé à la place de Ndiassé Kâ ne répond pas à la Loi, parce que l’article de L150 dit : «En vue de pourvoir aux vacances qui pourraient se produire, chaque liste de candidats au scrutin majoritaire dans le ressort du département, comprend un certain nombre de suppléants égal au nombre des sièges à pourvoir ; en cas de vacance, il est fait appel au candidat du même sexe non élu placé en tête de liste sur laquelle s’est produite la vacance…».

Ce qui veut dire qu’une femme ne doit pas remplacer le défunt député Ndiassé Kâ. C’est un homme qui doit occuper cette place, si vraiment nous nous référons à l’article L150», affirme M. Mbacké. Il sera appuyé par son collègue Cheikh Bamba Dièye pour qui cette question relative à la radiation du député Khalifa Sall a un sérieux problème de Droit. D’abord, il signale qu’ils ont été complaisants au point de lever l’immunité parlementaire d’un député sur des bases illégales.

A tout point de vue, il croit que l’Assemblée nationale, au delà des contingences et des partis, est un imité où chaque député a la possibilité et le droit de défendre l’institution. «Il nous appartient, nous députés, de regarder les lois et de les appliquer, mais l’Assemblée nationale a failli par rapport aux droits constitutionnels, aux devoirs de Khalifa Sall et au Règlement intérieur du Parlement. Depuis le début, l’Etat utilise sa force pour éliminer Khalifa Sall.

Ce qui est juste, c’était d’attendre que la procédure judiciaire de Khalifa soit épuisée et qu’il soit définitivement condamné pour que l’assemblée nationale puisse le radier et le remplacer», se désole M. Dièye. Il invite ses collègues de la majorité à avoir un peu d’élégance et de responsabilité. Pour lui, il ne sert à rien de se précipiter et que le ministre de la Justice n’a pas vocation à interpréter à leur place la Loi. «Le pouvoir cherche à nuire et à écraser. Pendant plus de quatre années, tous les actes ont été posés pour détruire la carrière politique d’un homme, mais sachez que demain les choses changeront», prévient Cheikh Bamba Dièye.

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