Election 2019 : Idy, submergé par la foule, critique le bilan de Macky Sall

Idrissa Seck a démarré sa campagne sur les chapeaux de roue à Thiès, dans une Promenade des Thiessois pleine à craquer. Occasion pour le leader de la coalition « Idy 2019 », entouré de Pape Diop, Guirassy et Cie, de décrier la pénurie d’eau, le chômage des jeunes. Selon le Boss de Thiès, Macky Sall sera platement battu au premier tour. Une première, souligne-t-il, dans l’histoire politique du Sénégal…

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Campagne électorale : Départ déferlant, khoumb na, mais dina méti pour tous…

Top de départ pour la Présidentielle du 24 février prochain, ce dimanche. D’attaque, les cinq (05) candidats sont partis à la pêche aux voix pour 21 jours. Accueillis en masse, tous se disent satisfaits du premier jour.

Et en ce premier jour, le Président sortant, Macky Sall, « l’homme des chantiers » et le doyen Madické Niang ont investi Touba-Mbacké, pour le contrôle de l’électorat mouride, l’expérimenté Idrissa Seck a jaugé son capital électoral à Thiès, et les novices Ousmane Sonko, la révélation et le Pr Issa Sall, « l’homme de la situation » ont mobilisé à Dakar, la capitale.

Tous dopés par des vagues déferlantes à perte de vue, ont fait qui dans la dénonciation, qui dans l’attaque et qui dans les promesses.

« Le tour est déjà joué, il n’y aura pas de combat », plastronne, tel un Roi des Arènes le Président Sall, rassuré par le Khalife de Touba-Mbacké, ville qu’il promet de davantage moderniser. Boosté par le tapis rouge pour lui, déroulé sur l’axe Vdn-Boulevard de la République, Ousmane Sonko dit « avoir l’impératif d’industrialiser le Sénégal ». Après ses ziars à Porokhane, Madické Niang a investi Touba, s’attaquant, à Mbacké, aux promesses non tenues de Macky Sall. Attaquant le président sortant sur son argument électoral de prédilection -les inaugurations tous azimuts-, Issa Sall a prêté le serment d’inaugurer définitivement le Ter qui l’a été dans la précipitation. Idrissa Seck lui, s’est glorifié de l’absence du président sortant au 2e tour. une première, dit-il, dans l’histoire politique du Sénégal.

C’est dire, au regard de ces vagues de mobilisations, que la partie sera âprement disputée. Aucune concession n’est à espérer de qui que ce soit !

Arrivée de Wade à Dakar : Entre Idy et Macky, qui va l’accueillir ?

En prélude à l’élection  présidentielle, le retour au bercail du Président Wade constitue à en pas douter un moment décisif pour  le  landerneau politique national. S’il est vrai que son parti le Pds est presque forclos, il n’en demeure pas moins vrai que le soutien qu’il apportera à l’un des candidats en lice pèsera lourdement sur la balance de ce scrutin majeur. Du coup, nombre de Sénégalais se demandent  qui  parmi ses deux fils putatifs va l’accueillir ?

La bienséance voudrait que dès sa descente d’avion, le Président Wade soit accueilli en tant qu’Institution et non en tant que politicien. Mais hélas, la présidentielle de 2019 est partie pour imprimer ses marques à un landerneau politique national où tout acte posé par  ses acteurs procède d’un acte purement politique. Et Wade ne saurait déroger à cette règle puisque son fils qui est candidat de son parti est définitivement écarté de  la course à la présidentielle. Mais nonobstant ce hic, personne n’a jamais entendu le Président Macky proférer des paroles désobligeantes à son endroit. Egalement, s’agissant d’Idrissa Seck à l’instar du président Macky, il est aussi le premier fils putatif du Pape du sopi. Ils ont connu des hauts et des bas mais cela n’a pas empêché au leader de Rewmi  de lui garder de l’estime. Du coup, la question est de se demander qui parmi ces deux personnalités qui ont politiquement grandi sous son aisselle, va l’accueillir à sa descente d’avion ? La question semble saugrenue de prime abord mais elle revêt une importance capitale car si par extraordinaire, l’un de ces deux personnalités arrivait à surmonter son égo au point de l’accueillir dès sa descente d’avion, il en récolterait une bonification politique décisive pour une victoire à la présidentielle. Car, le peuple Sénégalais est un peuple de vertu et gagner sa confiance ne relève que d’un petit acte vertueux.

« Nous sommes très confiants »

Le candidat de la coalition «Idy 2019» etait hier, dans la cité religieuse de Touba. Idrissa Seck, flanqué de Pape Diop, Thierno Bocoum, Malick Gakou, entre autres, a été reçu par le khalife général des Mourides, Serigne Mountakha, avant de se recueillir au mausolée de Serigne Touba.

A sa sortie, il s’est dit très confiant pour la Présidentielle du 24 février : «Nous sommes venus solliciter des prières auprès du Khalife général des Mourides, avant d’entamer la campagne électorale.

Nous sommes venu accompagné d’une très forte délégation en présence du Président Pape Diop de Bokk Gis Gis, de notre frère et ami, Malick Gakou, du maire de Kayel, représentant de Hadjibou Soumare, de Thierno Bocoum et d’un très grand nombre de leaders. Nous constituons une très forte coalition qui a pour ambition le redressement de notre pays, à travers la restauration d’une bonne gouvernance, l’équilibre et la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, un développement économique qui garantira l’emploi, principalement à notre jeunesse, la sécurité aussi qui constitue une préoccupation pour toutes les populations ailleurs comme ici a Touba.

Nous sommes une coalition et une plateforme de leaders ayant décidé de mettre en commun leurs visions, leurs moyens, leur engagement. Nous sommes très confiants..

C. BADIANE

La base locale du PDS partagée entre Idy et Sonko

A quelques heures de l’ouverture officielle de la campagne electorale pour la présidentielle du 24 février, les membres des partis dont les candidats ont été recales des l’étape du parrainage multiplient les réunions pour se prononcer sur le candidat a soutenir. Dans ce jeu d’alliance, la base du parti démocratique sénégalais, après deux réunions reste encore partagée entre la coalition Idy2019 d’Idrissa Seck et celle des patriotes d’Ousmane Sonko.

Apres deux réunions successives sans parvenir à trouver un consensus permettant de s’accorder sur une decision finale, la base politique du parti démocratique sénégalaise dont le candidat Karim Wade a été recalé sur la base d’illisibilité, se dit être a l’écoute du sommet. «Nous venons de tenir deux réunions successives dont l’objectif était de parler un seul langage sur le choix du candidat que devons soutenir», a fait savoir Ndiogou Deme, secretaire général de la fédération départementale Pds de Kolda.

Le patron des libéraux de Kolda de saluer la discipline du parti dont ont fait preuve les responsables et militants à la base des deux fédérations communale et départementale du Pds de Kolda. Lors de ces deux réunions successives tenues (avant-hier, jeudi et hier, vendredi), même s’il n’y a pas eu de consensus, a l’Arrivée “les camarades ont mis en avant la discipline du parti».

Toutefois, dans les débats sur les programmes des différents candidats et les enjeux de cette élection présidentielle du 24 février prochain, les militants a la base de la fédération départementale Pds de Kolda, étaient partagés «entre Idy et Soncko», note, M. Deme. Pour ces deux candidats dont les libéraux de Kolda ont l’intention de soutenir «ni l’un ni l’autre a eu une tendance favorable».

Pour départager les uns et les autres, Ndiogou Deme renvoie la balle au Papa du Sopi «nous attendons, notre frère secrétaire général national, Abdoulaye Wade. En ce moment nous ferons le choix pour l’intérêt de tous. Car, c’est au sommet de décider», a-t-il souligne.

SOULEYMANE SALL

Le Challenger

En homme expérimenté , l’ancien Premier ministre de Wade est entrain de former autour de lui l’une des plus grandes coalitions de la présidentielle du 24 Février prochain. A 59 ans, comme le plus redoutable challenger de Macky Sall.

A dire vrai, de tous les candidats, il est peut-être le moins élégant, mais le plus éloquent. Rhéteur-né, Idrissa Seck a les mots qui soignent les maux. Le leader du Rewmi a le courage de ses idées, mais ignore l’idée du courage. Parfois trop franc, trop direct, trop rusé.

Lui ne fait pas dans la langue de bois et jure toujours par le Coran. Une assurance, souvent traduite en suffisance par ses pourfendeurs, qui fait de lui fun des plus calomniés de la scène politique sénégalaise. Mais rien à faire I’homme a la poitrine assez dilatée (pour reprendre ses propres mots) pour faire face à ses pour-fendeurs. Surtout qu’entre Idrissa Seck et la politique, c’est une vieille histoire.

L’homme a très tôt plongé dans la marmite libérale. Un engagement militant auprès du Président Wade qui lui a valu beaucoup de responsabilités, tant dans l’appareil d’Etat qu’au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds). Jeune premier, en 1988 déjà, au temps du puissant régime socialiste, devient le directeur de campagne du candidat du Sopi pour l’élection présidentielle.

Le garçon aux cheveux hirsutes et à la peau noire revenait fraîchement de l’Hexagone et séduisait déjà à cette époque les électeurs sénégalais de par son discours captivant. Déterminé à faire gagner son candidat et à l’avant du combat, ldrissa Seck est arrêté lors dos violences post-électorales. Son candidat perd l’élection devant Abdou Diouf, Idrissa Seck reprend les airs et atterrit aux Etats-Unis pour une formation avant de devenir consultant au sein du cabinet Price Waterbouse.

En 1995, l’ancien numéro 2 du Pds reprend ses activités politiques après avoir décliné un poste dans le gouvernement d’ouverture du Président Abdou Diouf de 1991. A son retour, il est nommé ministre du Commerce et de l’industrialisation dans le gouvernement élargi du Premier ministre Habib Thiam. Initiateur de la «Marche bleue» du candidat Abdoulaye Wade, Idrissa Seck portera au pouvoir le Pape du Sopi au soir du 19 mars 2000.

Directeur de cabinet du Président, puis Premier ministre de Wade en 2002. Mais en 2004, survint le clash : avec la fameuse dualité au sommet de Etat. L’enfant béni est désormais banni par son pater de Président. Le différend prend une tournure judiciaire. Idrissa Seck est accusé de malversations financières dans les chantiers de Thiès. Un dossier qui le conduit, en 2005, à la prison de Rebeuss où il a séjourné pendant sept mois.

Le malheur ne venant jamais seul, l’enfant de Thiès est exclu, la même année, du Pds. Mais, en 2006, l’actuel Président du Conseil départemental de Thiès recouvre la liberté. Il a eu un non-lieu dans ce dossier : C’est alors le moment choisi par Idrissa Seck pour prendre son destin politique en main. Il crée sa propre formation Politique, le Rewmi. Foudre de guerre, Idrissa Seck atomise tous ses adversaires de la capitale du Rail. Thiès est son fief et il le tient.

Exclu du Parti démocratique sénégalais dépuis 2005, Idrissa Scck, qui a créé entre-temps son propre parti, décide de défier son ancien mentor, Me Abdoulaye Wade, lors de l’élection présidentielle de 2007. Mais avant le scrutin, l’ancien maire de Thiès part répondre à une invitation du Président Wade. Un acte qui lui aura été fatal. Des Sénégalais, qui n’avaient pas apprécié cette rencontre, vont lui tourner le dos. Malgré tout, Idrissa Seck prendra son courage à deux mains et se présente à l’élection présidentielle de 2007.

Il s’en est sorti deuxième avec 14% des derrière Me Abdoulaye Wade. En 2012, il est celui qui soulèvera la problématique de la recevabilité de la candidature de Me Abdoulaye Wade pour un 3e mandat. Idrissa Seck fera même appel à des juristes français pour conforter sa position. Candidat en 2012, l’ancien Premier ministre ne réalisera pas son rêve de devenir le quatrième président de la République du Sénégal.

Le candidat de la coalition «Idy4Président» est sorti de ce scrutin avec un score de 7%, soit la moitié de ce qu’il avait à la Présidentielle de 2007. Deux tenta-tives vouées à l’échec. Cette fois, Idrissa Seck revient à la charge et brigue pour la troisième fois la magistrature suprême. Mais sur la route du pouvoir, Idrissa Seck a encore dû faire face à une rude bataille médiatique qui le confinera même au silence. Offensif et très virulent contre le régime Sall, le leader du Rewmi a été pris à défaut dans une interprétation religieuse des plus sensibles.

Ses termes «un petit bédouin», pour parler du Prophète de l’Islam, et le débat sur «la direction de la prière», entre «Bakke et Makka», vont l’entraîner dans une vive polémique. Un tourbillon médiatique, accentué par le régime en place, duquel il s’échappera difficilement. Dans un mouvement d’ensemble suspendu à la volonté ou à la complicité du pouvoir, cent selon, l’affaire Idrissa Seck est à son amplitude maximale.

La levée de boudiers bien orchestrée, a un seul objectif mener le leader du Reverni à l’abattoir politique. Idy est accusé des pires crimes religieux blasphème, apostasie… Et dans le box de la partie civile, on retrouve même le Khalife général des Tidianes, qui a dit toute ses indignations. Face à la virulence des attaques, ldrissa Seck ira même jusqu’à «réveiller» sa maman Adjaratou Patou Diop Assane.

Dans une lettre d’outre-tombe, elle s’adresse aux pourfendeurs de Mara, son fils chéri «A tous les donneurs de leçons qui oublient leurs propres vices (Sourate 2, verset 44), je voudrais rappeler ceci : Mara (Idy) a été gratifié de la chance de devenir le disciple-aspirant de l’Abreuvoir des Assoiffés, Serigne Touba, le Serviteur élu du Messager source de la droiture; et son Oncle Al Maktoum, petit-fils du même Serigne Touba, n’en est pas mécontent du tout.» L’adresse fera son effet. Mais Idrissa Seck va tout de même écourter sa tournée et se rendre en France. Il sera, à son retour, reçu par le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, et Serigne Moussa Naawél.

Qu’est-ce qu’ils lui ont dit ? Personne ne saura. Seulement l’audience de Touba a eu un sacré effet sur le comportement de Idrissa Seck. Plus aucune déclaration publique. Ou presque. Du mutisme,. Idy s’est emmuré dans un silence qu’il ne brisera plus.

Ou presque. Aujourd’hui, à la tête d’une grande coalition, l’actuel Président du Conseil départemental de Thiès est revenu en force. Il se positionne de jour en jour comme le plus «redoutable adversaire» de Macky Sal pour l’élection présidentielle du 24 février 2019. L’ancien élève de Randoulène Sud2 de Thiès et brillant collégien de Saint-Gabriel, arrivera-t-il à ses fins ?

En tout cas, chez les partisans de cet ancien pensionnaire du lycée Marcelin Berthelot (classe préparatoire aux Hautes études commerciales, Hec) et étudiant en Sciences Po (Institut politique de Paris), la confiance est de mise.

SOPHIE BARRO

Présidentielle 2019 : Ousmane Tanor Dieng minimise les coalitions Idy 2019 et Sonko président

D’après le Secrétaire général du Parti socialiste, coordonnateur de la coalition Benno bokk yakaar (Bby) dans la région de Thiès, la mouvance présidentielle est plus mature, plus complète. 

Coordonnateur de la coalition Benno bokk yakaar (Bby) à Thiès, Ousmane Tanor Dieng est convaincu que les Sénégalais ne sont pas dupe. « Ils savent de quel côté est la compétence. Et, ça ne sert à rien de prendre des gens qui ne s’entendent pas, qui ne s’entendront jamais et de passer son temps à vouloir les mettre ensemble forcément », a-t-il relevé.

L’essentiel pour OTD qui préside aux destinées du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), c’est que chacun des membres de Benno travaille pour que le Président Macky Sall soit réélu. « Peu importe la manière dont il travaille. Nous préférons que ce soit en cohésion, collectivement, dans l’union. Et, là où il y a des problèmes, qu’on ne peut pas régler, on laisse chacun travailler en faveur du candidat de Bby », a-t-il renseigné.

A son avis, les Sénégalais, dans l’urne, se diront …bon oui!.. ce pays là, il faut qu’on le confie à quelqu’un qui soit compétent, expérimenté et qui a fait des preuves. « Et, celui qui remplit ces conditions-là, c’est bien sûr, le Président Macky Sall. » C’est dit !

(Photos+Vidéo)-Idrissa Seck, Gackou, Pape Diop, Thierno Bocoum à la grande mosquée de Touba…

Issa Seck a été accueilli en grande pompe, à Touba. Le leader de la coalition « Idy 2019 », accompagné de ses nouveaux alliés, est dans la ville sainte, pour présenter son Directoire de campagne au Khalife général des Mourides. Entre-Temps, l’ancien Premier ministre doit effectuer son ziaar et la prière de vendredi.

En direct Touba ak président Idrissa Seck

Publiée par Touba Diane Rewmi sur Vendredi 1 février 2019