Deux extrêmes, du fait de leur zone de résidence et bases politiques – Nord et Sud du pays-, Aïssata Tall Sall et Abdoulaye Baldé sont deux identités remarquables qui partagent, outre la fonction de maire, celle de membre de la coalition Benno bokk yaakar qu’ils ont rejointe à la veille de la Présidentielle que vient de remporter Macky Sall. Comme dit dans notre jargon politique, ils ont transhumé, pour assurer au candidat sortant le suffrage régionaliste de deux zones géographiques accusées à tort ou à raison de vote identitaire.

Ils sont ainsi deux politiques intéressants, du fait de leur motivation à rejoindre le pouvoir, alors qu’ils en étaient d’indécrottables détracteurs, de leurs fortunes électorales dans le scrutin du 24 février dernier et de leur offre politique.

Alors que personne ne s’y attendait, Abdoulaye Baldé a fait virer son centrisme dans la cage marron, arguant se mettre en réserve de l’Etat pour plus de performance, là où Aïssata Tall Sall arguera des convergences de vues politiques qu’elle n’avait curieusement pas vues, quand elle brocardait son ex secrétaire national de parti, Ousmane Tanor Dieng coupable, à ses yeux de dissoudre le Ps dans l’Apr/Benno.

Toujours est-il que l’homme, selon la chronique populaire, a fui le glaive de la Crei et la femme qui a brandi des pressions maraboutiques, aurait suivi une boulimie de pouvoir.

Vrai ou faux, la gloire dont ils étaient auréolés, dans leurs habits d’opposants, fondra comme beurre au soleil, dans le web-lynchage qui les a écaillés dans les réseaux sociaux. Et les deux nouveaux amis de Macky Sall sont sortis du scrutin présidentiel avec des fortunes diverses, ponctuées de profondes déchirures dans leurs rangs.

Si Aïssata Tall Sall est, avec une belle maestria, restée prophète dans son Podor, Abdoulaye Baldé a subi une honteuse déculottée face au jeune Ousmane Sonko. Et leur posture après l’élection est éloquente : la Podoroise plastronne et ose même des propositions politiques -couplage des Législatives aux Locales- qui ont le mérite de relever un débat politique qui était assez maigrichonne, alors que le Ziguinchorois se mure dans un silence défaitiste, dirait-on.

Quelle fortune à ces fortunes électorales, est-on tenté de se demander, après la victoire de Benno à la Présidentielle du 24 février. Si la politique, c’est comme disaient les Marxistes, la masse, le Nord a plébiscité l’édile socialiste et le Sud a flagellé l’édile libéral ou centriste. Quelle sera l’appréciation du réélu président Macky Sall, actuel maître du futur politique de ses deux alliés. Attendons devoir…Partagez cet article sur les réseaux sociaux

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