Au terme d’un parcours politique surprenant, avec près de 27 ans d’opposant avant de prendre le pouvoir en 2 000 (première alternance au Sénégal), Wade a livré le combat le plus difficile de sa carrière, lequel, a connu depuis qu’il a décidé de briguer la magistrature suprême pour la troisième fois, des pics de passions et des fossés de difficultés. À quelques encablures de la présidentielle de 2012, jamais un président sénégalais au pouvoir n’aura eu une telle aura. Wade, qu’on l’aime ou qu’on le déteste, est chaque matin que Dieu  est au cœur des discussions des Sénégalais. Il capte, domine et fascine, comme un personnage de romans, comme un héros de film d’aventures. Du fait de vouloir gérer le pays au niveau des envies et des rêves qu’il avait 30 années durant, l’a perdu. «L’appétit du pouvoir rend fou», a-t-on l’habitude de dire. Cela, Wade l’a appris à ses dépens.

Car, le clash avec le peuple est intervenu lorsqu’il a voulu briguer un troisième mandat, pour se faire soupçonne-t-on, succéder par son fils, Karim.

Sa tentative d’imposer aux Sénégalais, le quart bloquant, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Même ses partisans, voire ses inconditionnels de la trempe de Moussa Sy, Me El Hadji Diouf, pour ne citer ceux-là,  étaient en pleine séance à l’hémicycle, monté au créneau pour dénoncer le projet.

Cet esprit rebelle qui a fait école au sien du Pds et de ses alliés, a été déterminant dans les urnes à la présidentielle en 2012.

…En 2012, le Pds a fait face au Pds

La route menant à la présidentielle de 2012, a été pleine d’embûches, parce que sinueuse. Le candidat Wade qui avait en face de lui ses apprentis politiques comme il se glorifie de le dire : Idrissa Seck et Macky Sall et d’autres, subit de plein fouet une réelle bataille de légitimité. Les «rebelles» libéraux qui ont démontré que la constante était variable pèseront lourd en février  2012 où le Pds a fait face au Pds.

Et Wade n’avait pas les moyens d’éteindre l’incendie qui était en train de consumer son «château» politique. Parce que les sapeurs sont arrivés trop tard pour sauver la maison du père fondateur du Pds. Ce qui a causé d’énormes dégâts dans la grande famille libérale.

Face à Macky Sall qu’il a chassé de la maison familiale et Idrissa Seck revanchard, la carte électorale subit une véritable transmutation. En ce sens, Thiès, Fatick, Diourbel et le Fouta représentent un réservoir de voix que tout candidat voudrait contrôler, basculent. Ce qui a fait que 2012, a été une étape du grand combat entre le Pds et le Pds. Dégâts collatéraux de l’amour inouïe qu’il porte pour son fils, en 2012, Wade est conduit chez ardo par Macky Sall, avant d’être achevé au second tour. Il perdra ainsi le pouvoir sous l’autel des ambitions de son fils,  qu’il a qualifié le plus intelligent du Sénégal indépendant.Publicité

 Le syndrome Wade de 2012 guette Macky en 2024 …

Déjà, le débat fait rage. Alors qu’il n’a pas encore prêté serment, les sorties les plus folles spéculent sur le troisième ou une possibilité d’un troisièmes mandat de Macky Sall.

Cela n’est pas vain. Il s’agit d’un ballon de sonde mais aussi d’une alerte, pour explorer les opinions ou plus sournoisement pour préparer les esprits.

Car, la Constitution étant sacré stipule dans son article 27 que : «la durée du mandat du Président de la République est de 5 ans. Nul ne peut exercer plus de 2 mandats consécutifs».

Ainsi, le premier mandat de 7 ans de Macky que lui a imposé le conseil constitutionnel peut être comptabilisé comme étant le premier et celui qui vient de lui être attribué par les urnes en est le deuxième et dernier mandat. Partant de ce postulat qui semble  unanime, il convient de considérer que Macky a bouclé son premier mandat de 5 ans le 24 février 2019 et qu’il entame bien son deuxième mandat de 5ans, le 02 avril prochain, date à laquelle, il va prêter serment.

En effet, si certains de ses proches qui considèrent que Macky Sall, a fait un mandat de 7 ans et que la constitution fait état de cinq ans, l’obligeant à se présenter en 2024, rendent les choses plus compliquées. En ce sens, le syndrome du Pds en 2012, guette l’Apr.

« En principe… c’est le deuxième et dernier mandat…Il appartient au Président d’apprécier ». Il ouvre ainsi les fenêtres en attendant que son mentor ouvre la porte du Conseil constitutionnel pour une « décision avisée » qui tranchera la question en sa faveur. Comme pour sa duperie sur la réduction de son premier mandat, le tour sera joué.

Si Macky entérine le principe que son nouveau quinquennat est le dernier, il rentre de facto dans le long tunnel de fin de règne. Il sera un chef d’Etat qui va organiser des élections sans y être candidat, ne sera plus le maître du jeu politique et la réalité du pouvoir politique serait entre les mains de son potentiel poulain successeur.

Cela va lui ouvrir grandement, au vu de son âge, les portes de diriger les grandes institutions du monde. Comme ce fut le cas avec Abdou Diouf. Le contraire ne serait qu’un effet boomerang.

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